L’économie Sud Africaine influencée par la crise énergétique

La disponibilité de l’énergie est un point essentiel pour le développement économique d’un pays. Pour l’Afrique du Sud comme une grande partie du continent, Eskom est l’entreprise en charge de l’approvisionnement. Elle œuvre dans le domaine depuis maintenant de nombreuses années et profite d’aide de l’Etat. Si elle a toujours été efficace, Eskom connaît actuellement quelques difficultés qui pourraient influencer l’économie Sud Africaine de manière conséquente. L’entreprise pourra-t-elle facilement se rattraper ? Quels sont les effets du manque d’énergie dans le pays ? Nous avons fait le tour du sujet pour mieux comprendre ce phénomène qui pourrait facilement venir affecter le développement de l’Afrique du Sud et de tout le continent.

Eskom en pleine crise depuis quelques temps

Eskom est le principal fournisseur d’énergie en Afrique du Sud. Pour l’heure, elle produit jusqu’à 95% de l’électricité utilisée sur place. Sous la direction de l’Etat, l’entreprise utilise actuellement du charbon pour une grande partie de sa production. Un des pièges les plus importants pour ce genre d’entité car le charbon est une matière première assez valeureuse. En seulement un an, Eskom a été obligé de procéder à certaines transformations dans sa production. Une baisse conséquente de l’approvisionnement en électricité est le principal résultat de la crise que l’entreprise connaît depuis quelques temps. Les bénéfices n’étant plus au rendez-vous, l’entreprise a dû commencer à s’endetter auprès de l’Etat. Le montant s’élève aujourd’hui à une somme de 25,8 milliards d’euros. La situation ferait penser la faillite de l’entreprise, ce qui serait des plus désastreux pour le pays en entier.

Quel effets sur l’économie Sud Africaine ?

En seulement un an, Eskom a procédé à 4 délestages au moins. Ces coupures se font sur une plage horaire assez large mais se produit généralement en journée. Elles peuvent durer quelques minutes à plus de 4 heures par jour, ce qui réduit considérablement le temps de travail dans certains secteurs. Cela se ressent principalement dans les domaines de la restauration, du commerce en général ainsi que des entreprises. Si ces entités contribuent à développer l’économie nationale, leur manque d’activité peut entraîner une baisse importante de sa croissance. En début d’année, le pays enregistrait déjà une réduction de 3,2% par rapport à la dernière croissance enregistrée. Si les difficultés financières sont normales pour la plupart des entreprises, celle que connaît l’Eskom actuellement pourrait influencer l’économique nationale de manière conséquente. D’autant plus que L’Etat a déjà versé une somme importante pour renflouer les caisses de l’entreprise à plusieurs reprises.

Stratégies de redressement

Bien qu’elle soit essentielle au développement de l’Etat et qu’elle profite d’une aide financière de cette dernière, Eskom n’est pas à l’abri d’une faillite. C’est d’ailleurs ce qui pousse les dirigeants et les autorités locales à chercher une solution durable pour son redressement. Si le refinancement est le moyen principal d’assurer la continuité de son fonctionnement, il existe d’autres stratégies que l’on doit prendre en considération qui pourraient aider Eskom à exercer efficacement.

Une restructuration

Même si l’Etat continue de renflouer les caisses dEskom, une mauvaise gestion de l’entreprise la mènera toujours vers la faillite. Le remaniement de la structure est donc le meilleur moyen d’assurer son bon fonctionnement sur le long terme. Comme l’indique le dirigeant actuel de l’entreprise, cette dernière sera désormais divisée en trois pôles de gestion. Il y aura alors des autorités en charge uniquement de la production, de la transmission ainsi que de la distribution à travers le pays. Bien que le sujet de la privatisation ait été évoqué il y a quelques mois, les autorités locales restent dubitatives quant à sa réalisation étant donné les impacts que cela pourrait avoir. La principale préoccupation concerne actuellement la recherche d’un nouveau dirigeant de l’entreprise.

De nouvelles méthodes de gestion

Fonctionnant au charbon, l’entreprise a misé sur une collaboration avec deux centrales de production. Kusile et Medupi ont été mis en place depuis maintenant 11 ans mais n’ont pas toujours été efficaces. Avec plusieurs années de retard de réalisation, ce projet a coûté près de 20 milliards d’euros à l’entreprise. Il s’agit d’une des principales sources de dettes de cette dernière. D’un autre côté, la Banque Mondiale estime qu’Eskom présente un nombre de salarié plus important que ce dont il aurait besoin. Toujours selon ce dernier, il serait plus judicieux de se séparer d’environs 2/3 des employés de l’entreprise.

Photos: cs.mg.co.za, bwbx.io

Vidéos: youtube.com

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