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L’évolution des ventes aux enchères : des salles de ventes au web

L’évolution des ventes aux enchères : des salles de ventes au web
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Le clic de souris va-t-il un jour remplacer le « fameux marteau » du commissaire-priseur ? C’est la question du jour que nous nous posons, car les récentes évolutions législatives et la nouvelle donne commerciale amène à nous interroger sur l’avenir des salles de ventes aux enchères, sur un secteur d’activités animés bien souvent par de très fortes personnalités.

La vente aux enchères est-il un spectacle ?

Lorsque l’on se rend dans une vente aux enchères, on ne recherche pas seulement la « perle rare » ou l’objet de valeur, on cherche également une « ambiance », retrouver quelque part une tradition perdue, « l’art du duel », sous une forme certes moins glorieuse et chevaleresque qu’antan mais toujours sous le regard du « roi de la cérémonie », le fameux commissaire-priseur. Assister à une vente aux enchères procure un certain plaisir et ce même pour les simples curieux qui ne sont pas embarqués dans le tumulte des surenchères.

Au cours d’une enchère endiablée, il y a toujours une forme de plaisir pour l’enchérisseur à voire « luire dans les yeux » d’un ami ou d’un adversaire inconnu l’excitation ou l’inquiétude, une excitation du jeu qui peut vous amener à oublier le budget que vous vous étiez fixé avant le début des hostilités. C’est souvent dans une ambiance de franches camaraderies que les habitués – souvent connaisseurs d’objets d’arts -, et que les curieux assistent à ce qu’il faut bien reconnaitre souvent comme un « véritable spectacle », une scène de théâtre dressée au centre d’une salle dans laquelle le commissaire-priseur est la véritable « vedette », de par son art de rythmer les enchères et surtout d’enflammer l’auditoire, très friand de ce genre de mise en scène.

Le commissaire-priseur est-il un acteur ?

On ne se rend pas aux ventes aux enchères comme au théâtre, c’est entendu ; mais le commissaire-priseur est souvent bien plus qu’un maitre de cérémonie, c’est un véritable acteur. Chacun joue de son registre, un peu comme au théâtre, mais bien l’ambiance peut parfois tourner au « burlesque » mais toujours dans un esprit de camaraderies, au point qu’on n’en serait presque à oublier le but initial de notre présence et se laisser à apprécier le spectacle qui s’offre à nos yeux.

En tant que spectateur, j’ai personnellement été attiré au cours d’une promenade rue de la Barre à Lyon, où une vente aux enchères se déroulait dans une immense salle, qui donnait sur le parvis de la rue où je me trouvais. La salle animée par un commissaire-priseur en plein « dans ses œuvres », fut l’occasion d’une expérience, particulièrement amusante, d’avoir assisté à cet enchainement de surenchères, orchestrées par la bonhommie du commissaire-priseur, sous les rires des spectateurs. Cette expérience est à réaliser au moins une fois, car les ventes aux enchères sont aussi souvent l’occasion de faire des rencontres intéressantes entre personnes passionnées sur des sujets qui dépassent largement le cadre de « l’art-déco ».

Des personnalités hautes en couleurs

Certains commissaires-priseurs sont de véritables stars du milieu, notamment Jean-Pierre Osenat ou encore Jean-Claude Anaf, parmi d’autres personnalités connues. Jean-Pierre Osenat, célèbre commissaire-priseur qui officie à Fontainebleau, est né sous une belle étoile des lettres, puisque son parrain n’est autre que Jacques Prévert, qui lui a sans doute inspiré son goût pour l’art et la théâtralité, au même titre que son père, Pierre Osenat, lui-même poète et président d’honneur de la société des poètes français. Avec un patronage aussi prestigieux, on devine aisément la facilité avec laquelle Jean-Pierre Osenat exerce son activité de maitre de salle d’enchères et le charme tout théâtrale qui anime les séances de ce spécialiste de Bonaparte. Dans ce type de ventes aux enchères haut de gamme, les objets mis en enchères sont des objets de luxes réalisés avec un savoir-faire traditionnel respectant les styles de l’époque comme du mobilier dans le plus pur style « régence », « Renaissance » ou encore « Louis XV ».

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Les ventes aux enchères en ligne, la fin des ventes aux enchères classiques ?

Malgré la présence de fortes personnalités dans le milieu des enchères, peut-on imaginer que des commissaires-priseurs « à l’ancienne » du calibre de Jean-Pierre Osenat ont encore une place dans l’avenir des ventes aux enchères ? Nous le pensons, car les ventes aux enchères en ligne ne s’adressent pas du tout au-même public. Les ventes aux enchères prestigieuses comme celles de Jean-Pierre Osenat se destinent avant tout à un public aisé, qui aime venir dans des salles de ventes de prestige, à la différence des salles de ventes aux enchères virtuelles comme Catawiki qui se destinent davantage à la « petite brocante » ou encore aux enchères automobiles.

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Les salles de ventes aux enchères de prestige proposant des pièces de collections, comme des souvenirs de Napoléon, ne sont pas concurrencés par ce genre de nouveaux acteurs. Cependant, les petits-commissaires-priseurs peuvent se poser légitiment la question de cette concurrence qui reste toutefois relativement limitée au vue du faible nombre d’acteurs sur ce marché de la vente aux enchères en ligne. Il reste encore difficile aux consommateurs français de participer à une vente aux enchères sur des objets que l’on n’a pas vu surplace, afin d’en juger l’état et la valeur réelle. Les ventes aux enchères en ligne paraissent plus adaptées aux ventes de contenus immatériels (comme les plateformes d’enchères de nom de domaine) qui, par définition, ne demandent aucune appréciation ou inspection particulière. Les enchères en ligne se déroule en temps réel même si personne n’est pas à l’abri d’un problème de réseau ou d’un ralentissement serveur, ce qui rend l’exercice de l’enchère en ligne assez délicate. Il vous faudra souvent rafraichir votre page, ce qui peut être source de stress supplémentaire et d’agacement, ce qui est beaucoup moins sympathique que dans une salle réelle, reconnaissons-le…

Cependant pour bon nombre d’objets, il est tout à fait inutile de le voir en vrai, une simple fiche descriptive est amplement suffisante tant que l’objet est correctement détaillé. L’avantage des sites d’enchères en ligne est la vitesse avec laquelle il est possible de consulter des centaines et des centaines d’objets très rapidement, beaucoup plus que sur une enchère physique. Pour l’enregistrement de votre enchère, il faut au préalable vous inscrire à l’aide d’une adresse email, d’un mot de passe, et entrer vos coordonnées bancaires ainsi qu’une carte d’identité pour éviter toute tentative de fausses enchères.

Acheter « sans voir, ni toucher » reste une démarche difficile qui n’est pas encore ancrée dans la culture du consommateur.

L’avenir appartient donc encore au « marteau » et nous le pensons encore pour longtemps !

Auteur de l’article : terredinfos

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